Marche des fiertés LGBT- 28 juin 2008 à Paris Act Up-Paris et AIDES défileront ensemble pour appeler les gays à sortir le sida du placard
Événement incontournable de visibilité des communautés Lesbiennes
Gais Bis et Trans (LGBT), la marche des fiertés LGBT est aussi un rendez-vous
essentiel de la lutte contre le sida. Face à une situation où l'épidémie se
poursuit de façon inquiétante, Act Up-Paris et AIDES, deux des principales
associations françaises de lutte contre le sida, défileront pour la première
fois ensemble, derrière le mot d'ordre : sortons le sida du
placard.
La communauté gay vit plus que jamais avec le VIH. Le
recours au dépistage y est beaucoup plus développé que dans n'importe quel autre
groupe de la population générale. Quant à la protection systématique des
relations sexuelles, elle concerne près de deux tiers des gays, soit une part
beaucoup plus importante que chez les hétérosexuels. Malgré cela, les
contaminations par le VIH parmi les gays se maintiennent à un niveau
anormalement élevé, toutes tranches d'âges confondues : en 2006, elles
représentaient près de 30 % des nouvelles découvertes de séropositivité.
Aujourd'hui, en France, 1 gay sur 5 est séropositif.
Dans nos vies sociales, affectives et sexuelles, nous sommes tous
touchés de très près par le VIH. Il n'y a jamais eu autant de
séropositifs parmi les gays, pourtant, l'invisibilité de l'épidémie s'est
installée dans la communauté : on n'y parle plus que marginalement du sida, qui
pourtant structure une partie des relations entre les individus, on n'y dévoile
que trop peu son propre statut sérologique, de peur d'y être stigmatisé ou mis à
l'écart, on n'y semble plus solidaire avec les conditions de vie des
séropositifs.
Contre la mise au placard de l'épidémie. Face à cette
situation, Act Up-Paris et AIDES défileront ensemble pour alerter sur la
situation préoccupante de l'épidémie aujourd'hui et porter publiquement la
nécessité d'une remobilisation collective des gays. Et ce d'autant plus que
l'Etat est particulièrement défaillant, tant en matière de prévention qu'en
matière de reconnaissance de cette communauté. La communauté gay a été la
première à s'organiser pour faire face à l'épidémie du sida : avec des parcours,
des modalités et une relation à la communauté très différents, nos deux
associations incarnent, avec d'autres, cette mobilisation. Cette réponse
communautaire a besoin aujourd'hui de trouver un nouveau souffle.
De points de vue différents, et au-delà de nos divergences, nous
appelons les gays à une remobilisation massive. Nous voulons rappeler
que le sida n'est pas une fatalité et que chacun peut et doit faire
barrière à la propagation de l'épidémie. Nous voulons rappeler que
pour lutter contre le sida, il faut remettre la parole et le débat au
coeur de nos relations : parler de son statut sérologique et celui des
autres, parler de sa sexualité et de ses pratiques de prévention.
Aujourd'hui, il est plus que jamais nécessaire de retrouver
l'engagement individuel et la capacité collective à endiguer l'épidémie. Et de
faire front commun. |